
Formation n°07
Depuis la chute du rideau de fer, beaucoup considèrent que la question de la propriété du capital est définitivement tranchée et que le capitalisme est le seul système efficace. Autrement dit, la problématique de la propriété des moyens de production a été évacuée du débat « main stream ». Cette démission de la pensée économique vient d’un épuisement des arguments traditionnels enfermés dans une approche de justice sociale planant au-dessus des phénomènes de l’économie réelle. Lors de cette septième Rencontre Civilienne, il s’agira de sortir de l’antagonisme entre travailleurs et détenteurs du capital et d’élargir la pensée à la globalité de l’économie. Pour le faire, nous commencerons par regarder une anomalie de la comptabilité des sociétés anonymes. |
L'annonce
07 - Les actions, une question capitale : L'annonce Rencontre n°7 Après avoir posé les premières bases de ce que serait une économie saine, nous entrons au cœur de la quadruple problématique fondamentale de la maladie, que nous appelons la croix de l’économie. Rappelons que notre vision de ce domaine est faussée par quatre facteurs qui agissent comme des « macrobes » : le capital-actions, la monnaie, le foncier-immobilier et le travail-rémunération. Lorsque l’un de ces facteurs devient marchandise, alors l’économie est polluée. Au cours des trois prochaines Rencontres Civiliennes, nous aborderons le capital sous la forme de trois questions auxquelles nous tenterons d’apporter des réponses inédites : 1. Le problème fondamental du capital-actions (Rencontre Civilienne 7) 2. À qui appartiennent les bénéfices de l’entreprise ? (Rencontre Civilienne 8) 3. Quels rapports entre la gouvernance d’une entreprise et la société civile ? (Rencontre Civilienne 9) Généralement, la propriété du capital a été considérée sous l’angle de l’injustice sociale, laquelle s’est cristallisée, principalement, dans l’antagonisme entre travailleurs et détenteurs du capital. Depuis la chute du rideau de fer, beaucoup considèrent que la question est définitivement tranchée et que le capitalisme est le seul système efficace. Il s’agirait seulement de le rendre supportable pour l’ensemble des acteurs de l’entreprise. Autrement dit, la problématique de la propriété des moyens de production a été évacuée du débat « main stream ». Au mieux, ceux qui ont une fibre sociale en parleront comme d’un mal nécessaire, avec lequel il convient de trouver un modus vivendi. À notre sens, cette démission de la pensée économique vient d’un épuisement des arguments traditionnels enfermés dans une approche de justice sociale planant au-dessus des phénomènes de l’économie réelle. Lors de cette septième Rencontre Civilienne, il s’agira de sortir de la polarisation travail VS capital et d’élargir la pensée à la globalité de l’économie. Pour le faire, nous commencerons par regarder une anomalie de la comptabilité des sociétés anonymes. Cette approche très concrète ouvrira de nouvelles portes sur l’ensemble du processus économique, mais également sur la monnaie et le travail. Dimanche 22 novembre 2020
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07 - Les actions, une question capitale : Horodatage
Quelques points clés abordés lors de cette rencontre
0:02:22 - Rappel de la rencontre civilienne n°6 – Agir non seulement au niveau local, mais aussi au niveau global, celui des « macrobes »
0:04:28 - Même si des acteurs agissent à un niveau global avec de bonnes intentions, quid en cas de changement de propriété et donc aussi d’objectif dans le chef de certains acteurs vu le capital-action ?
0:10:47 - À nouveau regarder les phénomènes de l’économie réelle, c’est-à-dire adopter une approche phénoménologique
0:13:02 - Regard sur la comptabilité d’une entreprise (pas besoin d’être spécialiste)
0:15:16 - Le passif et l’actif du bilan
0:16:21 - Cinq personnes font une mise de fond de 500.000€ au total et un prêteur prête 100.000€
0:20:21 - Achat de machines par les entrepreneurs, de mobilier, de matériel informatique
0:23:27 - On fait un saut et on passe à la fin de la première année
0:27:10 - Fin du premier exercice, le capital n’a pas bougé
0:28:14 - Passage au bilan année 2
0:32:14 - Passage au bilan à l’année 5
0:33:14 - Le prêt a été entièrement remboursé… mais le capital n’a toujours pas bougé !
0:39:40 - En l’an 10, le capital des actionnaires n’aura toujours pas bougé. Ce montant donne un droit éternel des actionnaires sur la vie de l’entreprise. Ces capitaux peuvent être transmis aux héritiers (qui toucheront à leur tour indéfiniment les bénéfices de l’entreprise)
0:41:34 - Alors que tous les autres chiffres varient, le capital reste fixe. C’est contraire à la vie !
0:42:52 - Pourquoi ne pas faire du capital un prêt dont la dette s’éteint avec le temps ?
0:44:01 - Le capital n’est en réalité resté que bien peu de temps au sein de l’entreprise
0:47:36 - Le droit éternel des actionnaires sur les bénéfices de l’entreprise ainsi que leur droit décisionnel
0:48:53 - La problématique du capital n’a rien à avoir avec la supposée moralité ou immortalité des apporteurs de capitaux (exemples d'apports par solidarité, par volonté de soutien).
0:52:16 - Le problème reste entier si c’est l’État qui possède les actions ou si ce sont les travailleurs qui les possèdent
0:55:19 - Il existe des pistes légales qui permettent de limiter l’ampleur de la problématique précitée, mais même dans ce cas-là le problème n’est pas entièrement résolu
0:58:25 - Quid de l’indépendant qui compte sur la rente liée au capital pour financer sa pension ? Comment assurer une sécurité de revenu pour ces personnes ? Quid des Fondations dont le financement est issu des revenus de capitaux ?
1:02:14 - Regarder où est la vraie nature des questions
1:08:10 - Quid des business angels ? Ou d’autres apporteurs encore qui prennent du risque ? Quid de la "rémunération" du risque ? Non seulement en cas d’apport de capital mais aussi en cas de prêt ?
1:10:36 - Essayer d’identifier la cause des causes des causes pour solutionner un problème.
1:11:16 - Non pas rémunérer le risque, mais mutualiser le risque (via l’assurance)
1:16:35 - Il existe déjà une législation (en Belgique) qui permet de réaliser des opérations industrielles ou commerciales sans l’existence de capital !
1:19:45 - Dans le fond, presque tous les outils existent ou ont existé pour transformer la société dans le sens civilien. Dans le champ social tout est là en potentiel.
1:25:21 - Non pas des placements, mais des prêts
1:27:10 - Nous avons examiné aujourd’hui la problématique du capital-action, mais pas celle du capital de manière plus générale
1:29:07 - Les questions des participants
Thèmes
07 - Les actions, une question capitale : Thématiques abordées
Illustrations
Q-R
07 - Les actions, une question capitale : Discussions 07-A1 Avant de considérer que le capital devrait être plutôt un prêt remboursable progressivement, pourquoi ne pas mettre en cause directement l’autorisation de la fabrication de la monnaie-dette accordée démocratiquement ou antidémocratiquement ( ???...) aux banques privées ? Jeannine 07-A2 La suppression de la création de la monnaie-dette par les banques privées ne résoudrait pas la question du capital et de la propriété des actions par des investisseurs. Car l'argent avec lequel ces investisseurs achètent les actions provient, généralement, d'autres sources que l'emprunt. Dans la Rencontre Civilienne 7, nous montrons justement que l'argent nécessaire à la constitution du capital devrait provenir de prêts remboursables. Alors comment faire en sorte que ces prêts relèvent d'une création monétaire saine ? C'est ce que nous aborderons dans la Rencontre Civilienne 12 en décrivant ce que j'appelle les Instituts de Financement dont la seule tâche est le prêt à l'économie réelle. Ces Instituts seraient une nouvelle forme de service public de la société civile et ils prêteraient sans intérêts. Ces prêts seraient une création monétaire. Dans mon livre Dépolluer l'économie, je montre que ce n'est pas en soi un problème. Depuis le film de Paul Grignon, L'argent-dette, cette question de la création monétaire par les banques privées a été considérée comme la source de tous les maux. Je me demande si l'on aurait vu cela de la même façon si les banques avaient prêté à l'économie réelle, et uniquement à elle, et sans intérêt. Lorsque l'on remonte aux causes des problèmes, on s'arrête souvent en chemin. L'on croit avoir atteint la cause première. Mais c'est souvent un leurre. Il faut être beaucoup plus précis dans l'analyse des phénomènes. De ce point de vue, le film mentionné est très insuffisant et conduit beaucoup de ceux qui s'en inspirent à des solutions qui n'en sont pas. Michel 07-B1 Nicole 07-B2 Cela peut surprendre, mais je ne sais pas s'il y a vraiment un blocage. La question n'est tout simplement pas posée. Je n'ai jamais vu un texte qui parle de cette anomalie comptable (mais je n'ai pas tout lu, loin de là !). Je crois que l'on prend cela comme quelque chose qui fait naturellement partie du décor, si je peux l'exprimer ainsi. Le capital n'est pas réellement remis en cause. Ce qui est discuté, c'est qui le possède, les investisseurs privés, les collaborateurs de l'entreprise ou l'État, ou encore un mix. Le fait d'aborder la question par le côté comptable permet un autre angle de vue qui met en relief le décalage qui existe entre l'argent servant à l'établissement de l'entreprise et celui qui provient des ventes cinq ans, dix ans, trente ans plus tard. Mais il est certain que si cette incongruité venait à être davantage connue, des oppositions se dresseraient pour éviter que le débat ne s'amplifie. Car il est de l'intérêt des investisseurs de maintenir la situation telle qu'elle est. Sinon, les conséquences seraient grandes, à commencer par la remise en cause de la bourse. Michel