
Formation n°01
L'idée que nous avons de l’État est-elle encore compatible avec une véritable démocratie, celle de la société civile ? Comment changer vraiment de modèle, sans faire une République de plus, une sixième, puis une septième, puis… ? |
L'annonce
01 - Et si la société civile était l'État ? : L'annonce L'État est en « mission impossible » : découvrez l’approche fondamentalement différente des Civiliens ! Les changements nécessaires ne doivent-ils pas être bien plus profonds que les débats habituels sur une 6e ou 7e République, notamment en France ? Sommes-nous aussi condamnés au débat stérile entre « Plus d'État » et « Moins d'État » ? Face aux crises qui se succèdent, l'économiste Michel Laloux et le conseiller en économie sociale Stéphane Lejoly proposent de sortir de ces cercles vicieux en s'attaquant à la racine du problème : notre conception même de l'État. Le modèle actuel du Gouvernement Exécutif Unitaire – cette pyramide rigide où les ministres tentent en vain de résoudre tous les problèmes par le haut – est en échec. Il a fait son temps. Il est urgent d’imaginer une nouvelle voie. Le renversement des pouvoirs : le Législatif à l'État, l'Exécutif aux Civiliens ! La proposition est claire et audacieuse : L'objectif n'est pas de faire disparaître les services publics, mais au contraire de les renforcer en les rendant plus opérants, en les faisant émerger du terrain plutôt que de la centralisation. La vidéo illustre ce changement radical avec des exemples frappants dans les domaines de la Santé et de l'Éducation, montrant comment l'exécution locale d'une loi-cadre peut prévenir la « généralisation des erreurs » et éviter des années d'inertie. L'approche se veut résolument imaginative et créative. Trois leviers d'action concrète pour incarner un tout nouveau concept d’État ! Les Civiliens doivent disposer de leviers d'action pour s'approprier le macro-social (même face à l'OMC ou la finance mondiale). La vidéo expose les outils concrets indispensables pour que les citoyens engagés, actifs et responsables, c’est-à-dire les Civiliens, deviennent de véritables acteurs : La vidéo est une première marche qui stimule la créativité et prouve qu’une autre forme d'organisation est non seulement possible, mais urgente. Ce n'est pas de la théorie ! Nous vous invitons chaleureusement à regarder cette première rencontre inspirante et à contribuer à sa diffusion pour un avenir où les Civiliens, c’est-à-dire nous tous, reprendrons notre juste place dans la gouvernance de la société ! Une nouvelle ère s’ouvre. Le besoin d’une santé de la vie sociale et économique est devenu criant. Le modèle de l’État central et unitaire a fait son temps. Celui des Civiliens est venu. Ensemble, posons les bases d’une démocratie de la société civile. L’économie est malade de la financiarisation. Comment la rendre saine ? Comment transformer la monnaie, le capital, le travail et le foncier-immobilier pour que l’économie soit au service de l’humain et de la terre ? Lors de cette première rencontre, nous commençons par l’État. Que devrait être son rôle dans une société équilibrée et viable ? L’idée que nous avons de l’État est-elle encore compatible avec une véritable démocratie, celle de la société civile ? Comment changer vraiment de modèle, sans faire une République de plus, une sixième, puis une septième, puis… ? Et si la société civile était l’État ? Et si la représentativité était le plus grand leurre ? Nous sentons tous qu’un grand changement est nécessaire. Sommes-nous prêts à lâcher nos propres schémas, ceux avec lesquels nous avons grandi et que l’école et la société ont peut-être imprimés en nous, sans que nous nous en rendions compte ? Osons traiter ces questions sur le fond. Faisons du neuf, avec du neuf. Comment ? C’est ce dont nous parlerons lors de cette première rencontre civilienne animée par Stéphane Lejoly et Michel Laloux. Lundi 1er juin 2020
Pour les "nostalgiques", voici la présentation originelle de cette vidéo au moment de sa première version ;-)
Audio - Vidéo
La formation au format audio
(clic droit pour télécharger en mp3) :
La formation en vidéo :
01 - Et si la société civile était l'État ? : Horodatage
Introduction
Critique du modèle existant
Nouveaux fondements de la gouvernance
Pistes d'action et nécessités
Thèmes
01 - Et si la société civile était l'État ? : Thématiques abordées Cette initiative, appelée Le Temps des Civiliens, invite les citoyens à s'engager dans un processus de réflexion individuelle et collective pour concevoir des pistes d’action au niveau de la société civile [01:43]. L'approche se veut résolument imaginative et créative, s'orientant vers la recherche de solutions novatrices qui pourraient agir dans un sens d’assainissement des problèmes sociaux, plutôt que de se contenter de critiquer l’existant [03:55]. Le débat s'ouvre sur la question de l’État, avec la conviction que les changements nécessaires doivent être plus profonds que les débats habituels sur une 6e ou 7e République. L'objectif est de dépasser le modèle actuel de la République pour une « démocratie de la société civile » [08:27]. Michel Laloux souligne qu'il faut interroger la composition de l’État (législatif, exécutif, judiciaire) et particulièrement le pouvoir exécutif [13:51]. L’État exécutif, souvent conceptualisé comme un gouvernement unitaire où un ministre est nommé pour chaque problème, est confronté à une « mission impossible », conduisant à la désillusion citoyenne [14:15]. Ce schéma pyramidal centralisé, où les solutions doivent « ruisseler » du haut vers le bas, est perçu comme fondamentalement inefficace [16:18]. Pour les conférenciers, il est nécessaire de sortir de l'action purement meso-sociale (associations, entreprises) pour agir aussi sur le macro-social [24:47]. Une nouvelle conception de l'État est proposée : Cette décentralisation permettrait des processus évolutifs et des corrections d'erreurs rapides et localisées, évitant ainsi la généralisation des erreurs (comme l’exemple de la gestion des masques pendant la pandémie) [28:16], [35:36]. Deux revendications concrètes sont jugées indispensables pour l’action : En conclusion, il est crucial de redéfinir la notion de service public. Les associations sont souvent utilisées par le pouvoir exécutif pour se décharger de tâches [01:03:31]. La prochaine étape sera de concevoir des « services publics de la société civile » qui constituent un renforcement du service public, géré par les Civiliens et financé par la monnaie de contribution, ce qui est indispensable à la santé de l'économie non marchande [01:05:21], [01:06:40]. Cette étape est présentée ici : www.civiliens.info/02
Et si la société civile était l’État ?
I. Introduction, contexte et objectifs de la démarche
La rencontre, animée par Stéphane Lejoly (conseiller en économie sociale) et Michel Laloux (économiste spécialisé dans les formes d’organisation sociétale), a pour objectif de réfléchir à la forme sociale et sociétale à donner à notre vie collective [00:32]. Face aux crises successives, il est urgent de penser aux causes des dysfonctionnements actuels et d’imaginer des solutions d’avenir [01:09].
II. Le diagnostic : les crises révélatrices et les « macrobes »
Michel Laloux introduit le concept que les crises récentes, comme le COVID-19, ont agi comme un « concentré » révélant de nombreux dysfonctionnements de la société [05:08]. En parallèle des microbes biologiques, il présente la notion de « macrobes » : des organismes ou institutions qui agissent comme des virus au niveau macro-social et macro-économique [05:58]. Pour observer et comprendre ces « macrobes » (comme les dysfonctionnements de la démocratie ou de la macroéconomie), il est nécessaire de développer un nouvel outil de pensée : le « macroscope »[06:25].
III. La remise en question du modèle étatique centralisé
Les intervenants contestent l’idée du « TINA » (There Is No Alternative), la croyance qu’il n’existe qu’une seule forme possible de démocratie ou d’État, même si elle se présente sous des variantes (droite ou gauche) [09:09]. Ils remettent en cause le débat binaire opposant ceux qui veulent moins d’État (libéraux) et ceux qui veulent plus d’État (par exemple en réaction à la crise du COVID-19), car les deux approches conservent la même conception inchangée de l’État [12:41].
IV. Le rôle des civiliens et la redéfinition de l’État
La société civile, active à travers une multitude d'associations, est capable de faire et d'agir [19:01]. Cependant, les initiatives associatives sont entravées par des obstacles administratifs, techniques et financiers considérables[22:24]. Pire, le système centralisé réagit à la pression citoyenne en créant de nouveaux ministères (Ministère de la Ville, Ministère de l’Égalité, Ministère de la solidarité, Ministère de la souveraineté industrielles, etc.), ce qui est un moyen d’enterrer ou de repousser la question ainsi qu’un symptôme d’une maladie qui se développe dans la société due à des « macrobes » [19:16].

V. Les pistes d'action et la réappropriation du macro-social
Il est impératif de s’attaquer au macrosocial mondial (OMC, FMI, banques centrales) qui, par ses règles, peut contrecarrer les initiatives locales [42:49]. L’exemple de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui permet l'ouverture totale des marchés agricoles est cité comme un « macrobe » qui nuit aux producteurs locaux et à l'autonomie alimentaire des territoires [43:40]. La première étape pour les Civiliens est de concevoir et d'imaginer des pistes pour se réapproprier ces sphères [42:18].

VI. Conclusion et prochaines étapes
La capacité d’action du citoyen passe par le discernement, qui n’est pas acquis et doit être exercé en permanence. « C’est en civiliant que l’on devient civilien » [01:02:04]. Les compétences de la société civile ne peuvent grandir que si elle a la possibilité de s’exercer à faire des choix et à mettre en œuvre des projets [01:02:28].
Illustrations
Q-R
01 - Et si la société civile était l'État ? : Discussions 01-A1 Bonjour, Je viens de visionner, en large différé, le premier entretien. Je vous remercie pour l'initiative et pour sa qualité. Une remarque me semble toutefois fondamentale à formuler (sous la réserve du fait que je n'ai pas visionné encore les deux entretiens suivants). A aucun moment, bien qu'étant tout proche, les deux animateurs n'ont nommé les deux prisons dans lesquelles les civiliens, comme vous les appelez, sont cantonnés et qui rendent l'initiative difficile, voire impossible. 01-A2 Concernant la première prison, la Constitution nous emprisonne effectivement. Nous aurions besoin d'en changer et c'est au sein de la Société Civile que l'écriture de ce nouveau texte devrait se faire. Mais il y a un préalable : je ne crois pas que l’on puisse avancer tant que l’on ne remet pas en cause les fameux trois pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire) qui sont traditionnellement attribués à l’État. C’est-à-dire que l’on ne reconsidère pas le cadre contraignant que constitue l’État Unitaire. Aborder une nouvelle constitution sans se demander « dans quels domaines l’État a-t-il un rôle exécutif justifié ? », nous conduira à reproduire les schémas anciens qui sont justement la cause des causes des causes du problème. C'est la raison pour laquelle nous avons commencé par aborder la question qui nous semble première: celle du rôle exécutif que l'on attribue généralement à l'État. Vous prenez l'exemple du RIC. Je suis tout à fait d’accord que c’est la base indispensable à tout changement dans la démocratie et à un vrai développement d’une démocratie impulsée par la société civile. J’ai beaucoup milité pour cette cause. Mais en en donnant la version suisse, c’est-à-dire la séparation conceptuelle entre le droit de Référendum et le droit d’Initiative Populaire. Ayant participé à la vie politique suisse, j’ai mesuré la clarté qu’apportait cette distinction. J’appelle ce double droit le minimum vital de la démocratie, qui devrait comporter un deuxième volet, celui du droit à l’expérimentation, lequel a constitué le menu de la 3ème Rencontre Civilienne. Oui, l’UE, dans sa forme actuelle, contribue fortement à entourer la prison de nouveaux barbelés, la rendant de plus en plus hermétique à toute tentative d’évasion. Mais l’UE n’est que le prolongement de l’État Unitaire. Nous reproduisons à l’étage supérieur la conception de la démocratie telle que nous l’avons à l’étage d’en-dessous, c’est-à-dire celui du pays. Cette forme d’Europe n’est pas une cause première. Elle est une conséquence. De même que l’exclusion des citoyens de la rédaction des lois est une conséquence. Et je ne crois pas que le tirage au sort des députés changera grand-chose à l’affaire, si l’on n’a pas pris soin de d’abord traiter le fond de l’affaire. Il me semble utile de ne pas confondre les principes généraux avec les outils qui permettraient de réaliser ces principes. Michel Laloux 01-A3 Voilà une réponse qui clarifie un peu à mes yeux le propos de la vidéo. Il semble donc bien que pour vous la société civile n'est pas appelée à devenir l'exécutif de l'état, mais que par contre elle devrait se poser la question des limites au delà desquelles l'Etat peut lui devenir nuisible, voire l'est déjà et en tout cas ne peut plus vraiment aider les "civiliens" à arbitrer leurs propres conflits (car ayant ses propres intérêts idéologiques ou économiques). Peut être l'expérience actuelle de gestion d'épidémie sensibilisera-t-elle un plus grand nombre à ce genre de question ? François 01-A4 À la rubrique Blog, je viens de poster un billet intitulé Société civile et pouvoir exécutif. Sans prétendre faire le tour de la question, il apporte des éléments sur la façon dont je vois le rôle exécutif des acteurs civiliens et la profonde transformation qui en résulterait quant à ce que devrait être l'État. Michel